{"id":796,"date":"2014-11-05T22:41:01","date_gmt":"2014-11-05T21:41:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.do-duc.fr\/wordpress\/?p=796"},"modified":"2015-06-19T06:31:16","modified_gmt":"2015-06-19T05:31:16","slug":"la-photographie-de-collection","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mathieu.do-duc.fr\/?p=796","title":{"rendered":"La photographie de collection"},"content":{"rendered":"<h2>Le march\u00e9 de la photo de collection<\/h2>\n<h3>Paris Photo : comment devenir collectionneur?<\/h3>\n<p>Entretien | Quels artistes choisir ? O\u00f9 acheter ? Si l&rsquo;on sait s&rsquo;y prendre, la photographie n&rsquo;est pas un art r\u00e9serv\u00e9 aux millionnaires. A l&rsquo;occasion de Paris Photo 2011, nous republions les conseils d&rsquo;Alexis Fabry, \u00e9diteur et passionn\u00e9 de beaux tirages.<!--more--><\/p>\n<p>Le 08\/11\/2008 &#8211; Mis \u00e0 jour le 29\/03\/2012<br \/>\nPropos recueillis par Luc Desbenoit &#8211; T\u00e9l\u00e9rama n\u00b0 3069<\/p>\n<blockquote><p>Fondateur et directeur des \u00e9ditions Toluca, Alexis Fabry publie des ouvrages de photographies \u00e0 \u00adtirage limit\u00e9 raffin\u00e9s et imaginatifs sur les \u0153uvres du Malien <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/scenes\/20250-malik_sidibe_un_malien_universel.php\">Malick Sidib\u00e9<\/a>, du Mexicain Antonio Caballero, ou du Fran\u00e7ais Jean-Marc Bustamante. Les conseils de ce sp\u00e9cialiste des livres de photographies et des beaux tirages sont tr\u00e8s pris\u00e9s par les collectionneurs fortun\u00e9s qui cherchent \u00e0 composer des ensembles de qualit\u00e9 mus\u00e9ale.<\/p>\n<p>Est-ce difficile de se lancer dans une collection de photographies ?<br \/>\nC\u2019est en tout cas moins compliqu\u00e9 que d\u2019entreprendre une collection d\u2019art contemporain. La photographie est un m\u00e9dium relativement r\u00e9cent. Beaucoup de travaux sont r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s. On a des \u00e9l\u00e9ments pour s\u2019y retrouver, pour savoir qui est qui, et qui a fait quoi. Alors que dans les autres arts plastiques, les pistes sont parfois tellement brouill\u00e9es qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9vident de faire la diff\u00e9rence entre un cr\u00e9ateur et les plagiaires.<\/p>\n<p>Il faut donc avoir une bonne connaissance de l\u2019histoire de la photographie ?<br \/>\nBien s\u00fbr, car la photographie, c\u2019est le domaine de la fausse valeur par excellence. Cet art \u00e9tant devenu \u00e0 la mode, certains \u00ab artistes \u00bb se nourrissent de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait avant eux pour percer sur le march\u00e9 de l\u2019art contemporain. Si c\u2019est relativement facile de d\u00e9tecter un faux Avedon, cela l\u2019est beaucoup moins pour une \u0153uvre qui s\u2019inspire du superbe travail de l\u2019Allemand Michael Schmidt, nettement moins connu. Je voyage beaucoup en Am\u00e9rique latine et je suis toujours surpris par la quantit\u00e9 de photographes qui montrent de grands espaces vides \u00e0 la fa\u00e7on de Candida H\u00f6fer. Leurs photos sont souvent tr\u00e8s bonnes. Mais sans grand int\u00e9r\u00eat artistique, puisque l\u2019Allemande fait cela depuis trente ans&#8230;<\/p>\n<p>Est-il indispensable de solliciter l\u2019avis d\u2019un professionnel ?<br \/>\nPas forc\u00e9ment. On peut tracer son chemin soi-m\u00eame en fr\u00e9quentant les bonnes librairies de photographies, souvent tenues par des passionn\u00e9s qui aiment faire partager leur savoir. C\u2019est passionnant de se documenter, de se cultiver, de faire \u00e9voluer ses go\u00fbts. La photographie est tr\u00e8s comparable \u00e0 la litt\u00e9rature. Certains lecteurs prennent du plaisir avec des textes moyens ou m\u00e9diocres. Mais plus on lit, plus on devient exigeant. On aiguise ses sens. Les expositions permettent \u00e9galement de faire progresser son regard.<\/p>\n<p>Que doit-on acheter si on veut commencer une collection de photos ?<br \/>\nLa premi\u00e8re chose est de se d\u00e9finir une p\u00e9riode : que pr\u00e9f\u00e8re-t-on ? Les photographes d\u2019hier ou ceux d\u2019aujourd\u2019hui ? Je conseille toujours de ne pas se disperser. Une collection solide doit \u00eatre coh\u00e9rente. Je conseille \u00e9galement de d\u00e9limiter une zone g\u00e9ographique, l\u2019Europe, l\u2019Am\u00e9rique latine&#8230; Autrement, c\u2019est sans fin.<\/p>\n<p>Les prix sont-ils abordables ?<br \/>\nOn peut tr\u00e8s bien se constituer une collection remarquable avec des moyens raisonnables. Il faut d\u2019abord avoir une id\u00e9e pr\u00e9cise des moyens que l\u2019on veut y consacrer. Si vous disposez de 10 000 euros par an, c\u2019est trop peu pour se lancer dans une collection de photographies plasticiennes, un genre tr\u00e8s en vogue aujourd\u2019hui. Mais avec la m\u00eame somme, vous pouvez acheter une ou deux photos majeures par an de photographes am\u00e9ricains de paysages des ann\u00e9es 1970 par exemple, et poss\u00e9der les m\u00eames \u0153uvres que celles qui sont accroch\u00e9es au mus\u00e9e d\u2019Art moderne (MoMA) de New York.<\/p>\n<p>Peu de gens peuvent se permettre de d\u00e9penser une telle somme\u2026<br \/>\nLes choix peuvent aussi s\u2019orienter vers de tr\u00e8s bons photographes d\u00e9laiss\u00e9s par le march\u00e9. C\u2019est la d\u00e9marche que je pr\u00e9f\u00e8re en tant que collectionneur moi-m\u00eame. Ainsi, pour 1 500 euros, on peut trouver un vintage [un tirage original r\u00e9alis\u00e9 par ou sous le contr\u00f4le de son auteur et qui date de la prise de vue] du Mexicain Pablo Ortiz Monasterio. Si vous vous int\u00e9ressez \u00e0 l\u2019Afrique, une photo de l\u2019excellent Nig\u00e9rian J.D. Okhai Ojeikere est accessible pour encore moins cher. Et avant que son \u0153uvre ne soit couronn\u00e9e en 2007 par le Lion d\u2019or de la Biennale de Venise, Malick Sidib\u00e9 n\u00e9gociait ses tirages \u00e0 moins de 1 000 euros. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s connu et avait fait l\u2019objet de nombreuses publications. Un portrait d\u2019Indien du P\u00e9ruvien Mart\u00edn Chambi, en vintage, c\u2019est 1 500 dollars (1 100 euros). Un prix ridiculement bas au regard de son talent. Idem pour les images du Fran\u00e7ais <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/art\/17995-bernard_plossu_retrospective_1963_2006.php\">Bernard Plossu<\/a>, tr\u00e8s sous-\u00e9valu\u00e9.<\/p>\n<p>O\u00f9 doit-on acheter ?<br \/>\nJe ne conseille pas de s\u2019adresser aux salles des ventes, \u00e0 moins de pouvoir s\u2019y rendre physiquement et de constater l\u2019\u00e9tat de la photographie. Sinon, on peut avoir de tr\u00e8s mauvaises surprises. L\u2019id\u00e9al est de s\u2019adresser \u00e0 la galerie qui repr\u00e9sente l\u2019artiste. C\u2019est la garantie de ne pas \u00eatre tromp\u00e9. Un vintage n\u2019est pas toujours facile \u00e0 reconna\u00eetre. Tel artiste n\u2019a utilis\u00e9 que du papier Agfa mat jusque dans le milieu des ann\u00e9es 1980. On reconna\u00eet les premiers tirages de Koudelka au papier tch\u00e8que tr\u00e8s \u00e9pais, qui ressemble \u00e0 du papier buvard. Les tirages d\u2019\u00e9poque de <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/lee-friedlander,23222.php\">Lee Friedlander <\/a>sont sign\u00e9s par leur format&#8230; Comme en bibliophilie, l\u2019expertise d\u2019une photographie ne s\u2019improvise pas. Cela exige de s\u00e9rieuses connaissances. Lorsqu\u2019on a acquis un tirage, je conseille, si cela n\u2019est pas fait, de le r\u00e9f\u00e9rencer soigneusement : de d\u00e9crire sa taille, les \u00e9l\u00e9ments qui autorisent \u00e0 dire que c\u2019est un tirage d\u2019\u00e9poque et surtout en quoi il est embl\u00e9matique dans le travail du photographe.<\/p>\n<p>Quels livres de r\u00e9f\u00e9rence conseillerez-vous \u00e0 ceux qui se lancent dans une collection ?<br \/>\nSans h\u00e9sitation, il faut se procurer le premier volume de <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/martin-parr,312661.php\">Martin Parr<\/a> et Gerry Badger sur l\u2019histoire du livre de photographies (1). C\u2019est une bible, un concentr\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences. Les textes sont lumineux. Le deuxi\u00e8me volume est plus discutable. Par ailleurs, le catalogue de <a href=\"http:\/\/www.tate.org.uk\/modern\/exhibitions\/cruelandtender\/\">l\u2019exposition \u00ab Cruel and tender \u00bb<\/a> \u00e0 la Tate Modern de Londres en 2003 est une tr\u00e8s bonne synth\u00e8se de la photographie documentaire et plasticienne (2).<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(1)\u00a0\u00a0 \u201cLe Livre de photographies : une histoire\u201d, tome 1, de Martin Parr et Gerry Badger , \u00e9d. Phaidon (2005), 320 p., 75 \u20ac.<br \/>\n(2) \u201cCruel and tender : Photographs of the twentieth century\u201d, catalogue, textes d&rsquo;Emma Dexter et Thomas Weski, 288 p, 29,99\u00a3<\/p>\n<p>(2)\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.lense.fr\/2011\/06\/03\/les-15-photos-les-plus-cheres-de-lhistoire\/\">http:\/\/www.lense.fr\/2011\/06\/03\/les-15-photos-les-plus-cheres-de-lhistoire\/<\/a><\/p>\n<p>(3)\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.evous.fr\/Mois-de-la-Photo-connaissez-vous-les-photographies-les-plus-cheres-au-monde,1171589.html\">http:\/\/www.evous.fr\/Mois-de-la-Photo-connaissez-vous-les-photographies-les-plus-cheres-au-monde,1171589.html<\/a><\/p>\n<p>(4)\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/styles\/shopping\/4-raisons-de-collectionner-les-photos_829494.html\">http:\/\/www.lexpress.fr\/styles\/shopping\/4-raisons-de-collectionner-les-photos_829494.html<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le march\u00e9 de la photo de collection Paris Photo : comment devenir collectionneur? 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